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Ifop : Présidentielle en temps réel, nouvelle note d'étape au 30 mars, par François Kraus

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 Intentions de vote de premier tour : François Hollande et Nicolas Sarkozy dominent largement la compétition. A trois semaines du premier tour de l'élection présidentielle, les intentions de vote se caractérisent par une relative stabilité, aucun des trois challengers ne parvenant à menacer les deux principaux prétendants au second tour.
 L'incertitude s'agissant de l'ordre d'arrivée entre François Hollande et Nicolas Sarkozy au soir du premier tour n'est pas levée. Les deux candidats continuent de recueillir des scores relativement proches (entre 1 et 1,5 point d'écart, au bénéfice de Nicolas Sarkozy) qui ne permettent pas au président sortant de distancer véritablement François Hollande. Avec 28,5%, le candidat de l'UMP termine la semaine exactement au même niveau que celui observé vendredi dernier ; François Hollande quant à lui, crédité de 27% des intentions de vote, semble avoir enrayé le léger effritement observé la semaine dernière et se stabilise également par rapport à vendredi dernier.
 Il est frappant de constater que le duo de tête recueille des scores aujourd'hui très proches de ce qu'ils étaient à la mi-mars, au moment où nous avons observé dans le cadre de cette enquête en continu le croisement des courbes, Nicolas Sarkozy dépassant François Hollande. Les deux dernières semaines de campagne n'ont ainsi pas véritablement permis de faire bouger les lignes.
Marine Le Pen obtient, avec 16%, un score lui aussi stable par rapport à la semaine dernière. Relevons également que les intentions de vote en faveur de la candidate frontiste n'ont elles non plus guère évolué par rapport à la mi-mars. A 11 points de François Hollande, Marine Le Pen n'apparaît pas en mesure d'accéder au second tour, mais elle reste le « troisième homme » dans les intentions de vote.
 Jean-Luc Mélenchon a continué de marquer des points cette semaine, atteignant le niveau record de 14% des intentions de vote mercredi et jeudi. En moyenne par rapport à la semaine précédente, il gagne 2,6 points. Cela lui permet de distancer François Bayrou : à égalité vendredi dernier, les deux candidats sont désormais à 3 points d'écart, Jean-Luc Mélenchon pointant ce vendredi à 13,5%, et François Bayrou à 10,5%. Toutefois, la dynamique en faveur de Jean-Luc Mélenchon semble en cette fin de semaine marquer le pas, puisque l'on observe un premier recul, ce qui ne s'était pas produit depuis le 15 mars. 


En deux semaines, le leader du Modem a perdu trois points et il est proche ce vendredi, avec 10,5% des intentions de vote, de son score le plus bas jamais mesuré depuis la mise en place de ce rolling. 

De nombreux éléments d'explication quant aux évolutions des scores de Jean-Luc Mélenchon et de François Bayrou émergent de l'analyse des transferts de voix de la présidentielle de 2007. 
On relève d'abord que le niveau élevé du candidat du Front de Gauche s'explique par le fait qu'il capte désormais près de 18% des électeurs de Ségolène Royal 2007 et une part croissante (jusqu'à 9%) des électeurs de François Bayrou 2007. François Bayrou dans le même temps parvient de moins en moins à mordre sur l'électorat Ségolène Royal 2007, tout en conservant une part de plus en plus restreinte des électeurs qui l'avaient déjà choisi lors du dernier scrutin présidentiel (il n'en récupère plus qu'entre 45% et 50% au maximum), ce qui explique sa baisse continue.

 De son côté François Hollande maintient ses positions dans ces deux électorats de 2007. Ainsi, tout se passe comme si la baisse de François Bayrou était provoquée par un glissement de l'électorat de centre gauche vers François Hollande, quand dans le même temps, ce dernier verrait des électeurs plus à gauche le quitter au profit de Jean-Luc Mélenchon.

 La sûreté du choix ne progresse plus. A 67,5% en moyenne cette semaine, elle est quasiment stable depuis la mi-mars. 
Cela signifie qu'un électeur sur trois en moyenne pourrait encore changer d'avis d'ici le 22 avril. Cette sûreté du choix s'élève à 80% parmi l'électorat de Nicolas Sarkozy, et à un niveau proche, 76% chez les électeurs de François Hollande, 73% chez ceux de Marine Le Pen. Les électorats de Jean-Luc Mélenchon (61% de sûreté) et surtout de François Bayrou (49%) sont moins solidifiés.

Jean-Luc Mélenchon est toujours considéré comme le candidat menant la meilleure campagne : le leader du Front de Gauche enregistre même une progression de 6 points (42%). 
Il devance Nicolas Sarkozy qui gagne 3 points (26%) et distance de 15 points les autres concurrents. Ainsi, François Hollande (-5 points) et Marine le Pen (-2 points) prennent ex-aequo la troisième marche du podium (11%). Seules 7% (-1 point) des personnes interrogées estiment que François Bayrou mène la meilleure campagne. Les autres candidats testés sont crédités chacun d'un point ou moins.

Intentions de vote de second tour : François Hollande distance toujours largement Nicolas Sarkozy.
 L'écart de 8 points observé au second tour se maintient. François Hollande recueille un score hebdomadaire moyen de 54%, stable pour la troisième semaine consécutive. Seule exception, les personnes de plus de 65 ans accordent majoritairement (53%) leurs voix à Nicolas Sarkozy.
Cette semaine, François Hollande bénéficie davantage des reports des électeurs de Jean-Luc Mélenchon : 78% (+4 points) d'entre eux lui apporteraient leurs suffrages au second tour. Cette progression n'induit pas d'amélioration du score du candidat socialiste, dans la mesure où les électeurs de François Bayrou se déclarent moins prêts que la semaine dernière à le soutenir au second tour (35%, -7 points). L'afflux d'électeurs en provenance du Front de Gauche compense la désaffection des électeurs du Modem. En revanche, la stabilité prévaut en ce qui concerne les reports des électeurs d'Eva Joly (68%) et de Marine Le Pen (23%, +1 point).
Nicolas Sarkozy attire davantage les électeurs de François Bayrou (36%, +5 points) et améliore son attractivité auprès des électeurs frontistes (41%, +2 points).

 Le candidat socialiste bénéficie d'un avantage persistant sur son concurrent UMP dans les indicateurs de souhait et de pronostic de victoire :
Le pronostic de victoire en faveur de François Hollande se stabilise à 36%. En revanche, le pronostic de victoire de Nicolas Sarkozy progresse en moyenne de 3 points : il s'établit à son plus haut niveau hebdomadaire (29%). L'incapacité à formuler un pronostic régresse de 2 points et concerne 29% des personnes interrogées.
Le souhait de victoire en faveur du candidat socialiste progresse d'un point (39%). Parallèlement, le souhait de victoire du candidat UMP progresse également d'un point en moyenne (34%). La victoire de Nicolas Sarkozy est davantage souhaitée que celle de François Hollande par seulement deux catégories de la population : les personnes âgées de plus de 65 ans (45% contre 38%), et les habitants de zones rurales (38% contre 35%).

L'intérêt pour la campagne électorale repart à la baisse.
Le léger regain d'intérêt pour la campagne présidentielle enregistré la semaine dernière ne s'est pas consolidé : 69% (-3 points) des Français se déclarent intéressés par l'actualité autour de la campagne, soit un niveau identique à celui observé le 6 mars. L'ouverture de la campagne officielle et l'approche du scrutin ne suffisent pas à accroître l'intérêt des Français.
L'intérêt perd 10 points parmi les personnes de moins de 35 ans (63%), 11 points parmi les professions intermédiaires (59%) et les habitants des zones rurales (65%). Seuls les cadres et professions libérales supérieures affichent un intérêt en hausse (76%, +10 points).
A gauche, l'intérêt baisse légèrement (-4 points). Celui des sympathisants du Front de Gauche (-5 points, 86%) et des sympathisants socialistes (-10 points, 78%) est en recul, alors que l'intérêt des sympathisants d'Europe Ecologie-Les Verts continue de progresser (74%, +6 points). A droite, l'intérêt se maintient (74%, -1 point), celui des sympathisants UMP progresse même de 3 points (77%).
Détail du sondage Ifop / Fiducial à paraître dans Paris Match -

François Kraus
francois.kraus@ifop.com

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